Carole et Monsieur

Résumé: L’histoire d’une jeune femme rêveuse , de sa rencontre avec un homme sévère, exigeant et finalement amoureux d’elle jusqu’à l’abandonner après l’avoir dressée

Je souhaite dédier ce conte aux femmes qui m’ont aimé et qui ont accepté de se livrer à moi, comme à celle qu’il me reste à découvrir. Je tiens à leur présenter mes excuses pour un récit qui a nécessairement souffert de l’exercice extraordinairement délicat qui consiste, pour un homme, à prétendre imaginer les émotions d’une femme aimante.

 

UNE RENCONTRE

Je m’appelle Carole, j’ai maintenant 36 ans. Je ne suis pas très grande, mais fine, et mes cheveux châtain clair tombent dans mon dos. Il m’arrive de les faire un peu onduler. L’on me dit parfois jolie. Ma réussite professionnelle naissante est prometteuse.

Mais assez parlé de moi. J’étais alors étudiante en architecture. J’avais des copains d’occasion et il arrivait que nous fassions l’amour, c’était très agréable. Mais, sur mes quinze ans, j’étais tombée sur un exemplaire ancien et passablement défraichi d’ « Histoire d’O », le livre de Pauline Réage et j’en étais restée bouleversée, d’autant que « Retour à Roissy » qui détruit le rêve, finit très mal. Je restais dans un indéfinissable état de manque, traversée par l’impression que je passais à coté de quelque chose.

Et puis, j’ai rencontré Monsieur. Il enseignait à l’école, il faut le dire avec un certain brio, une matière assez obscure. Il était vieux à mes yeux, plus de cinquante ans, mais n’avait visiblement jamais été enceint de triplés. Son corps pas très grand dégageait au contraire une impression de puissance physique, dont j’ai pu constater par la suite qu’elle n’était pas feinte. Il portait une éternelle expression sévère que traversait parfois un sourire ironique ou attendri.

Un jour, en cours, nos regards se sont croisés et il m’a semblé que nous appartenions, d’une manière ou d’une autre, au même monde, un monde dont les autres étaient exclus. Je l’ai soudain mieux regardé et j’ai eu droit en retour à un « déshabillage en règle » tout à fait scandaleux, et pour tout dire inattendu.

Le soir, dans ma chambre d’étudiante, j’y ai repensé et j’ai du m’avouer que j’en avais été troublée.

La semaine suivante, lors de son cours je n’ai pu me retenir de l’observer à nouveau et j’ai immédiatement subi à nouveau ce regard scrutateur et ironique, en fait carrément obscène. Les souvenirs de mes vieilles lectures sont revenus au galop. En attendant son cours suivant, j’ai passé une semaine plus agitée encore, d’autant que j’avais eu la surprise, à la fin du cours, de sentir un léger parfum que je connaissais fort bien, j’étais humide.

J’ai décidé, en jeune femme adulte, de crever l’abcès et, à la fin de son cours suivant, je l’ai abordé.

Je lui ai d’abord exprimé des excuses confuses à propos d’explications nécessaires sur un point de son cours. Je ne devais pas être très convaincante. Quand à ma motivation, incontestablement, quant à mes motivations, visiblement beaucoup moins. Monsieur m’a fixée, avec un regard moitié attendri, moitié ironique et m’a donné rendez vous pour le lendemain, dans une brasserie connue. Il a ajouté avant de me congédier écarlate : je ne te demande pas de venir sans culotte, c’est banal et très inconfortable avec un jean. Mais j’apprécierais que tu oublies de mettre un soutien gorge. On peut dire qu’il m’avait percée à jour, à moins qu’il n’ai pris le risque de trancher dans le vif afin d’éviter tout débat stérile.

Toujours est il que, le lendemain, j’étais au rendez vous, un peu en avance, avec un pantalon et une chemise, mais les seins libres. Au moins, les choses seraient claires. J’avais déjà omis de porter un soutien gorge. Mais je devais m’avouer que ce n’avait jamais encore été sur ordre. Les pointes de mes seins s’en érigeaient d’autant plus au contact de la chemise. Monsieur, s’est levé pour m’accueillir, et chose nouvelle pour moi, m’a guidée vers ma chaise qu’il a reculée avant de la ré avancer lorsque je m’asseyais. C’étaient des images qui me restaient de vieux films en noir et blanc. Il m’a fixée un long moment, dans un silence qui devenait assourdissant. Lorsqu’il a repris la parole, j’ai regretté le silence. Je vois que tu as obéi et que tu as les seins libres. Déboutonne les quatre premiers boutons de ta chemise ou va t’en. J’ai hésité entre déboutonner ma chemise et m’enfuir. Et puis j’ai déboutonné ma chemise. J’ai débuté un timide « je »mais me suis vue couper : S’il te plait, écoutes moi. Pour des raisons que je te conterai peu être un jour, je cherche une nouvelle esclave. Si tu crois pouvoir être celle là, tu as rendez vous demain, même heure, même lieu, mais en jupe et sans culotte. Pour toi, je serai Monsieur. Tu peux t’en aller, à demain.

J’ai vérifié par la suite que Monsieur avait la fâcheuse habitude de placer les gens dans des situations de choix instantané. Comme le dit la chanson : « tu veux ou tu veux pas … ».

Le lendemain, un Monsieur tout aussi prévenant n’a même pas pris la peine de vérifier qu’il avait été obéi. Il est vrai que j’étais revenue et que ma poitrine menue flottait libre sous une chemise largement ouverte,. Il m’a demandé de lui raconter ma vie, mes études passées, mes copains et puis… mes fantasmes. De quoi rêvais je le soir en m’endormant ? Avais je des lectures érotiques ? La référence à Histoire d’O a semblé réellement le toucher.

L’entretien était fini. Monsieur m’a simplement dit : Carole, debout, approche et ouvres toi. Et là, en pleine brasserie, il a glissé une main entre mes cuisses entr’ouvertes et a passé la tranche de sa main du haut en bas de ma fente qui s’est avérée sérieusement humide. J’avais trouvé un maitre qui me convenait.

Monsieur m’a donné dans les premiers jours de notre liaison la carte d’un institut de beauté réputé, avec la mention d’un rendez vous. Je m’y suis rendue en me doutant qu’il s’agissait d’une épilation. J’ai quand même des lettres. Mais me retrouver le sexe nu m’a étrangement émue.

Monsieur m’a aussi inscrite dans un club de remise en forme. La demande implicite était suffisamment claire pour de pas justifier d’explication. Je n’avais alors nul besoin de « remise en forme » ou de « remise en formes », mais Monsieur voulait me conserver un corps fin et musclé, attention qui n’était pas désagréable.

Ceci faisait un mois, ou plus, que nous nous rencontrions régulièrement.

J’avais déjà appris beaucoup de choses. J’avais appris à ne plus effleurer une poignée de porte en sa présence, à attendre qu’il ouvre et referme pour moi la portière de son automobile ou de la mienne comme à le laisser reculer ma chaise et m’aider à m’assoir à la meilleure place aux tables de restaurant. J’avais été initiée à ce sport d’équipe qui se pratique à deux et qui consiste à ne boire que dans le verre que l’on vous tend, en se gardant d’avancer la tète ou les lèvres, mais au contraire en se penchant légèrement en arrière, la lèvre inférieure lovée sous la coupe, laissant à Monsieur la responsabilité, car c’en est une, de doser exactement la boisson qui glissait dans ma gorge, au risque de taches ou d’un étouffement ridicule. C’est certainement cette habitude innocente qui nous a procuré, dans des restaurants chic ou des pizzérias, le plus de regards surpris, attendris, ou consternés. J’avais admis que je ne devais porter ni pantalons ni collants, et bien sur ni culotte ni soutien gorge. Ceci m’a d’ailleurs valu mon unique punition de cette période.

J’avais omis, oubli ou provocation, d’ôter ma culotte pour aller le rejoindre. J’en portais encore une dans les intervalles de nos rencontres et Monsieur s’en doutait d’ailleurs probablement.

Mais là, j’ai oublié. Alors qu’il m’avait assise dans sa voiture et que nous entrions sur l’autoroute dans les premières lueurs de l’aube, la main de Monsieur s’est glissée entre mes cuisses et a découvert, au lieu de mon sexe épilé, un tout petit string. Il s’est alors passé une chose tout à fait étonnante. Monsieur a allumé les feux de détresse et s’est garé sur la bande d’arrêt d’urgence, si, si! Il est sorti, m’a ouvert la portière de droite, m’a courbée sur le capot et m’a troussée. Il n’a plus eu qu’à me cravacher à toute volée, plusieurs fois, jusqu’à ce que je crie et pleure. Il m’a alors relevée et demandé « d’enlever ça »Il m’a regardé me déculotter, et jeter mon string au delà de la barrière, opportunément nommée : « de sécurité ». Il m’a ensuite reconduite à ma place et a refermé ma portière sur une Carole furieuse, meurtrie et humiliée … mais qui n’a plus jamais porté de culotte.

LE DRESSAGE

Les débuts

Cela devait faire bientôt six mois que je fréquentais Monsieur . Il m’utilisait de toutes les manières usuelles. Cette formulation me semble plus proche de la réalité que cette formule surannée : « faire l’amour ». J’étais régulièrement épilée de manière radicale, la douce habitude d’une relation un peu décalée semblait s’installer, quand Monsieur a disparu. Bien sur, j’ai assisté à son cours, mais il semblait ne plus me reconnaître. Avais je déplu ?

Et puis j’ai reçu une lettre de Monsieur, formalisme qui m’a surprise. Etait ce une rupture ? Dans cette lettre, Monsieur m’annonçait à l’inverse que ma « période de découverte » s’achevait et qu’ il acceptait de me dresser à son usage. Il attendait une lettre de moi qui confirmerait mon abandon de tout droit sur moi même et il précisait qu’il était inutile de reprendre contact pour tout autre objet. L’ensemble avait un air de mise en demeure professionnelle qui m’a fait sourire et aurait pu dispenser cette missive de toute signature. Y était joint un rendez vous pour une épilation laser. A la réflexion, j’ai décidé de commencer, pour voir, par me rendre à l’institut de beauté.

Arrivée là, j’ai eu la surprise d’être reçue par une gérante quelque peu embarrassée. Mademoiselle, nous avons le plaisir de vous recevoir régulièrement pour des épilations intégrales. J’ai pu voir par moi-même que ceci vous va très bien, mais une épilation laser a un caractère irréversible qui pourrait l’assimiler à une mutilation. Aussi, je vous serais reconnaissante, si vous tenez à cette intervention, de me signer cette décharge. Sur ce, elle me tend une feuille de papier par laquelle je lui confirmais souhaiter une épilation intégrale au laser, en trois séances à un mois d’intervalle, de l’ensemble de ma pilosité, aux aisselles et au pubis et ou je reconnaissait être consciente du caractère irréversible de cette opération.

Et voilà. Sauf à perdre la face, j’avais une demi minute pour décider de l’abandon définitif de la douce toison qui, depuis près de douze ans, protégeait ma féminité. Bien sur, à la demande de Monsieur, j’étais déjà régulièrement épilée, mais là, c’était tout autre chose. Une foule de choses a traversé mon esprit. D’abord, le souvenir de ces premiers mois délicieux malgré la cravache que j’avais découverte, ou aussi à cause d’elle. Mes lectures et mes rêves d’adolescente ensuite, ceux qui me troublaient et me faisaient me tordre dans mon lit. Oui, c’était bien la vie dont j’avais rêvé. Et puis une réflexion triviale : et ensuite, ce sera quoi ? Il va me faire tatouer ? J’étais très loin du compte, mais n’anticipons pas, j’ai signé! Et j’ai abandonné ma toison.

Restait à répondre. Que dire ? Rédiger une lettre dans le style : recherche d’emploi? En définitive, j’ai attendu le résultat de ma première séance d’épilation au pubis et je lui ai adressé la photographie du résultat. Bien sur, j’étais déjà épilée, mais j’étais sure qu’il comprendrait et il a compris. J’ai reçu par retour une invitation à diner.

A la fin d’un repas délicieux dans un grand restaurant, il m’a demandé le silence et m’a dit à peu près ceci : Je suis satisfait de ta période de découverte et je pense que nous pourrons faire un bout de chemin ensemble. Je me donne un an pour te dresser et choisir définitivement ce que je ferai de toi. Et bien ! Moi qui lui avais déjà abandonné ma toison, moi qui m’étais pliée à ses quatre volontés, moi qui m’étais laissée cravacher, il ne manquait pas d’air !

Pour une débutante, tu me satisfais sexuellement. Merci c’est déjà ça! Il me reste diverses choses à t’apprendre pour te plier à me gouts.

Désormais, tu n’as plus le droit de jouir à ton initiative. Tu demanderas poliment à y être autorisée et bien sur, il t’est absolument interdit de jouir en mon absence, de quelque manière et sous quelque prétexte que ce soit.

Tu vas devoir admettre que tu m’as donné le droit de te montrer ou de te faire utiliser par d’autres, que tu as renoncé à toute jalousie et que si j’accueille dans mon lit une amie d’une soir, j’attendrai de toi que tu serves notre plaisir.

Il va falloir que tu apprennes à être fouettée régulièrement, pour une faute éventuelle et aussi pour mon plaisir, car j’éprouverai du plaisir à te fouetter, mais surtout pour te rappeler ce que tu es.

Il va falloir que je te fasse passer l’envie de fumer. C’est mauvais pour la santé, ca donne mauvaise haleine et c’est une source de plaisir extérieure à moi que je ne puis admettre.

Tu dois faire du sport, tu es fine mais j’entends que tu le demeures.

Il n’est pas question que tu arêtes tes études, je te veux brillante et je t’aiderai de mon mieux.

Monsieur m’a par la suite froidement déclaré, avec l’élégance rare qui le distingue parfois, qu’il n’avait aucune envie de baiser une vache, ni même une jolie jument et que ce qu’il voulait, c’était la soumission d’une femme belle et brillante.

Le programme avait le mérite de la clarté et de la concision.

La cigarette

Je dois l’avouer, je fumais un peu. Monsieur m’a annoncé, comme une évidence, que j’allais cesser. Il ne m’a pas demandé d’arrêter, non. Il m’a annoncé la nouvelle, comme on annoncerait un ticket de loto gagnant.

Un après midi ou nous nous promenions dans un parc, j’ai allumé une cigarette comme à l’accoutumée. Monsieur m’a laissée faire mais m’a arrêtée, m’a demandé d’ouvrir mon chemisier, de découvrir mes seins et de croiser mes mains dans ma nuque. J’ai obéi, après, quand même, un rapide coup d’œil circulaire pour vérifier que nous étions seuls. Cela aussi m’a passé. Si Monsieur donne un ordre ; c’est qu’il est réalisable. Me voici donc dans une allée d’un parc, la poitrine nue, la cigarette au bec, vaguement inquiète tout de même. Monsieur m’a déclaré que cette cigarette était la dernière. Au vu des préparatifs, j’ai été pour le coup terrorisée. Sur ce, il s’est emparé de ma cigarette et lentement, délibérément, avec soin, il en a appliqué l’extrémité incandescente juste sous l’aréole de mon sein droit. Monsieur est gaucher. Je n’ai même pas pu crier. Mes yeux se sont instantanément emplis de larmes. Monsieur m’a dit de me rhabiller et m’a déclaré que, désormais, je ne fumerai plus, mais que, dès que l’envie de fumer me reprendrait, je pouvais lui demander tout ce qui me passerait par la tète, tout sauf une cigarette. J’ai bu du champagne en plein après midi sur le boulevard Saint Germain, je l’ai trainé au cinéma pour y voir des comédies sentimentales qui l’horripilent, je lui ai demandé des fraises ou des framboises (ça, je dois l’avouer, c’était de la provocation, mais Monsieur s’est exécuté sans même un regard ironique). J’ai même obtenu, mais c’était alors, que pour une fois il me fasse l’amour tendrement … et je n’ai plus jamais fumé.

Je garde sous l’aréole de mon sein droit une petite marque brune que j’effleure quelquefois, par tendresse ou quand l’envie de fumer revient.

Utilisation

Monsieur me prenait rarement au sexe. J’en souffrais mais cette souffrance était certainement l’une des raisons de Monsieur. J’affirme que mon sexe est tout à fait confortable, plus probablement qu’un autre lieu, très proche. Il ne me prenait au sexe, quasiment, qu’après m’avoir fouettée la. Etre fouettée au sexe, et devoir s’ouvrir avant de demander la punition, est abominable. J’y reviendrai.

Monsieur me sodomisait à sa guise, sans lubrification préalable d’aucune sorte si ce n’était, parfois, un rapide passage « préparatoire » dans mon sexe. J’ai découvert lors de nos diverses rencontres que Monsieur était raisonnablement membré, ni grand ni petit. Il n’empêche, au début, il me faisait mal. A la fin, la douleur disparue, seuls restaient l’humiliation de voir mon sexe méprisé et le regret du plaisir qui m’était refusé.

Monsieur aimait particulièrement me forcer, c’était son expression, en position dite « du missionnaire, Pour avoir mes seins à portée, pour pouvoir profiter des émotions qu’il découvrait sur mon visage, pour que je sois d’autant plus frustrée de ne pas l’avoir dans mon ventre.

Sa demande était alors, comme à l’accoutumée, d’une remarquable concision : Carole, offres toi !

Cette phrase m’enjoignait d’avoir à m’allonger sur le dos, d’empoigner le bas de mes cuisses juste sous mes genoux et de les relever en les ouvrant, ou de les ouvrir en les relevant, c’est comme l’on voudra, afin de dévoiler, outre un sexe dédaigné, l’anus que je lui abandonnais.

Monsieur appréciait surtout mes fellations et a pris le temps de me former à ses préférences.

Il existe, dans la littérature spécialisée, tout un débat à propos de savoir, qui dans la fellation, est dominant, de l’homme qui reçoit du plaisir, ou la fellatrice qui pour délivrer ce plaisir, s’empare du membre de l’homme.

Personnellement, je puis vous assurer que, lorsque l’on pratique une fellation à un homme habillé en étant soi même nue et les genoux ouverts, les mains croisées derrière la nuque, alors qu’un fouet vous rappelle sa présence en effleurant vos épaules, la question ne se pose pas.

Je suis rapidement devenue une experte. L’on n’imagine pas combien l’usage d’une « Kourbach », le fouet court des cosaques, peut aider à l’apprentissage.

J’ai appris à n’utiliser mes mains pour soutenir le sexe encore au repos que le temps nécessaire à ce qu’il s’érige. La formule : tes mains » appuyée d’un coup de fouet cinglant était un rappel efficace que j’ai rapidement eu soin d’éviter en croisant sagement mes mains derrière ma nuque, comme une bonne élève.

J’ai appris à lécher le dessous de la hampe, en appuyant bien. J’ai appris à arrondir mes lèvres pour accueillir l’extrémité, en la léchant délicatement. J’ai découvert que le repli de chair, juste à l’attache du gland et de la hampe, était le point le plus sensible. J’ai appris à gober l’extrémité pour effectuer une succion plus ou moins prononcée comme à l’entourer des voltes de ma langue. J’ai même appris à laisser Monsieur envahir ma gorge, au risque de me faire étouffer. Heureusement, Monsieur n’avait aucun goût pour ces simulacres de pénétration qui, saccadés et brutaux, privent la fellatrice de toute occasion de démonter ses talents. A ce sujet, Monsieur m’a dit un jour, citant La Guérinière : « la grâce est un si bel ornement de l’art ». Pour les femmes comme pour les chevaux, Monsieur privilégiait un dressage dans la légèreté.

J’ai aussi appris à gouter les premières goutes de sa jouissance, à deviner l’arrivée du plaisir et, à la demande, à boire comme une assoiffée ou recevoir sur ma langue le sperme de mon maitre, ma bouche ouverte sur la pointe. J’attendais aussi, toujours, l’ordre d’avaler, car que d’autre faire de la jouissance de votre maitre, si ce n’est, éventuellement, la partager avec une compagne d’occasion ?

J’ai appris enfin que la fellation sert, en toutes occasions, à remercier après le fouet ou à nettoyer après avoir été utilisée, mais j’y reviendrai

Le Trench

Un jour d’automne, j’ai trouvé dans ma boite aux lettres deux avis de colis. Je me doutais de la provenance de cet envoi tout en m’interrogeant sur la nature de la « surprise » prévisible . Je me suis donc rendue à l’agence Chronopost pour y retirer une boite de la taille d’une boites de chaussures et une grosse enveloppe souple.

De retour dans ma chambre d’étudiante, j’ai hésité, puis j’ai ouvert l’enveloppe. Elle contenait un trench coat, beige come il se doit, assez court mais bien coupé, à ma taille exacte bien entendu.

La boite contenait, sans surprise, une jolie paire d’escarpins aux talons pas trop hauts, parfaitement assortie. Mais elle contenait aussi une enveloppe que j’ai un peu hésité à ouvrir. Cette enveloppe contenait, comment dire ? Les instructions de Monsieur pour le bon usage du Trench : Carole, demain, tu mets ce trench coat pour aller en cours. Tu ne mets que lui. Tu me ramèneras un joli reportage photographique. Merci. J’ai regardé avec d’autres yeux ce vêtement innocent qui devenait le complice involontaire d’une infamie.

J’ai passé une nuit difficile. J’ai maintes fois pensé à tout envoyer au diable, et au matin, j’ai pris une nouvelle douche, je me suis séchée et j’ai enfilé trench coat et chaussures pour aller en cours, nue jusqu’à mi cuisse, le sexe libre, les seins sans cesse agacés par la doublure un peu rêche et de plus, et surtout, troublée par une humidité et un très léger parfum que je ne connaissait que trop et qui ne m’ont pas quittée de la journée. Cette journée, extérieurement, s’est passée très naturellement. Tout au plus quelques copains m’ont ils lorgnée de manière un peu plus appuyée, tout au plus quelques copines se sont elles étonnées de me voir rester engoncée dans mon trench durant les cours, mais bon, on a le droit d’avoir froid. Le drame était intérieur. Il me semblait que ce vêtement était transparent. Je me suis sentie nue comme jamais je ne l’avais été. Monsieur m’a plus tard conté cette légende scandinave ou une déesse, pour délivrer son amoureux, doit, entre autres, se présenter « nue et cependant habillée ». Moins gâtée que moi, mais plus inventive, comme il sied à une déesse, elle s’enveloppe d’un filet de pécheur et de ses longs cheveux.

Le soir, sur mon ordinateur, j’ai montré mes photographies à Monsieur. Je m’étais donné beaucoup de mal, j’avais pris des risques, j’étais assez satisfaite du résultat : Moi dans un amphithéâtre, une photographie prise de biais, laissant deviner la pointe d’un sein sous un vêtement entrouvert. Moi dans une salle de cours, assise sur une chaise de l’éducation nationale , les cuisses un peu ouvertes, le sexe visible. Moi, dans un atelier de dessin, courbée sur un tabouret, le trench troussé et le cul tendu, semblant attendre le fouet. Moi à la cafet, léchant amoureusement le dos d’une cuiller. Moi enfin, dans le jardin, lovée contre un olivier, le trench ouvert dévoilant ma nudité à l’objectif…

Je m’étais donné beaucoup de mal, j’avais pris des risques mais Monsieur n’a fait qu’un seul commentaire : Cet olivier est mal tenu. Regardes les surjets à sa base. Tu vas m’en couper une demi douzaine, bien rectilignes, entre 80 centimètres et 1 mètre de long, voilà 20 euros pour t’acheter un sécateur. N’étant pas totalement naïve, j’ai tout de suite compris la suite à venir, en partie seulement.

Le lendemain soir, je présentais ma récolte à Monsieur et, nue, les genoux ouverts, j’entreprenais d’ôter les feuilles, de couper la pointe des tiges jusqu’à un diamètre d’environ 5 mm, puis, sur ses conseils, de les lier ensemble sur les trente premiers centimètres, avec un ruban cadeau d’un centimètre et demi de large et du plus beau rouge, le tout terminé par une jolie ganse.

Ceci fait, je tendais ma réalisation, mettais mon bâillon et mon bandeau, croisais mes main derrière ma nuque et serrais les dents.

Monsieur m’a fouettée de longues minutes : les fesses, le dos, l’arrière des cuisses, puis devant, des cuisses au ventre, pas les seins, heureusement, et m’a laissée en pleurs, hoquetante. Lorsqu’il a ôté bandeau et bâillon, je suis cependant tombée à genoux, pour baiser le dos de sa main avant d’ouvrir son pantalon pour le remercier de manière plus aboutie

Et c’est la bouche et la gorge emplies de son membre que je l’ai entendu me déclarer que j’avais eu ( moi?) une superbe idée et que désormais, si j’avais une mauvaise note, je devrais la lui présenter en même temps qu’une verge fraichement coupée. D’ici là, je devrais conserver ma verge sur mon petit bureau d’étudiante, comme un avertissement.

Dans les mois qui ont suivi, je suis devenue beaucoup moins sociable. Les garçons ont été bannis de ma chambre et je n’ai que rarement ouvert à des copines. Les rares qui ont pu entrer n’ont pu manquer de remarquer cet objet incongru et, si elles m’interrogeaient à son sujet, elles recevaient invariablement la même et consternante réponse : « C’est une verge, mon amant me fouette avec ». La plupart n’ont pas insisté. D’autres ont crié au scandale au nom de leur vision du féminisme. Je me crois féministe mais passons. Certaines, très peu, sont devenues écarlates. L’une m’a demandé comment en confectionner une et, après ma démonstration, s’est enfuie avec notre création commune. Le lendemain, en cours, elle a détourné le regard et elle ne m’a plus jamais adressé la parole.

Pour moi, plus jamais je n’ai pu passer à nouveau sans rougir devant cet arbre innocent.

Monsieur s’était d’ailleurs très professionnellement investi dans mes résultat scolaires, avec une rigueur n’a pas laissé de m’étonner.

J’ai au demeurant eu le plaisir d’apprendre que dans l’ancienne Russie, des serfs pouvaient être peintres ou architectes, ou même esclaves sexuelles, seul emploi dont je me doutais déjà.

Inutile de dire que, aidée et conseillée par une véritable encyclopédie vivante, nourrie de visites dans les musées et les capitales européennes, cruellement rappelée à l’ordre à la moindre défaillance, j’ai vécu ma scolarité sur un nuage.

La conjonction de mes efforts, des siens et peut être d’une réelle prédisposition m’a conduite sans difficulté à mon diplôme d’architecte. Après mon diplôme, Il a ensuite suffi à Monsieur de me présenter quelques unes de ses connaissances professionnelles pour que j’entame une carrière que j’espère brillante.

Je conserve comme un talisman ma dernière verge d’étudiante, maintenant sèche, mais remplacée depuis par d’autres instruments plus douloureux encore*

Punitions

Je l’affirme, je suis obéissante. Appliquée et obéissante. Monsieur avait du coup peu d’occasions de me punir. Cependant, il affirme qu’il est nécessaire, pour maintenir cette obéissance, et pour la rappeler à ce qu’elle est, qu’une femme soit régulièrement fouettée. J’étais donc fouettée chaque vendredi au soir.

C’est à dire que, rentrant de l’école puis du travail, je prenais une douche, Je sortais un escabeau, j’accrochais à l’anneau de la suspension un palan d’écoute de voilier, avec son dispositif d’arrêt incorporé et je descendais jusqu’à hauteur de mes yeux le mousqueton de mon supplice.

Ceci fait, il me restait à placer mes bracelets de cuir, (Monsieur disait réprouver les menottes métalliques, même s’il appréciait leur commodité, pour les meurtrissures qu’elles laissaient au poignet des femmes), à disposer mon bandeau sur mes yeux et à attendre Monsieur, nue, a genoux et les cuisses ouvertes, le fouet posé sur mes mains offertes, les seins et le sexe en feu. Depuis que j’avais terminé mes études, le bâillon n’était plus d’actualité. Chez Monsieur, je pouvais hurler à perdre haleine, ce qui semblait le ravir.

Et j’attendais. J’attendais de l’entendre arriver, j’attendais qu’il boive une bière ou un verre de vin blanc, j’attendais qu’il prenne une douche.

Et puis je sentais qu’il liait ensemble mes poignets. Je sentais qu’il prenait le fouet, qu’il le plaçait autour de mon cou comme sur un présentoir, je sentais qu’il tendait le palan jusqu’à ce que mes pieds effleurent à peine le sol, je le sentais reprendre le fouet. A ce moment, terrorisée, j’étais au bord des larmes. Et puis Monsieur me Fouettait.

Cela n’avait rien d’érotique. Pas d’échauffement préliminaire , pas de progression. Monsieur fouette pour faire mal. D’abord le dos, puis les cuisses, devant et derrière, les fesses, longtemps, puis les seins enfin, avant quelques coups sur le pubis. Heureusement, je n’étais pas contrainte alors d’ouvrir les cuisses .

Parce qu’il n’a aucun goût pour les sévices ludiques, pour le jeu de la douleur et du plaisir, Monsieur m’a épargné les fouets pour rire, avec leurs larges lanières légères, la bougie brulante, les poids au sexe ou aux seins. Même si ceux ci peuvent s’avérer très inconfortables, ils règnent dans cette zone intermédiaire ou souffrance et plaisir se mêlent. Esprit d’ordre, Monsieur entendait ne pas mélanger les genres. La souffrance dans son esprit n’était pas un jeu mais soit une punition, soit une offrande de soi et souvent les deux réunies.

Il arrivait, très rarement, que Monsieur s’amuse à m’administrer avec un fouet potentiellement terrible une fouettée érotique. Longs préliminaires du fouet qui glisse sur les pointes des seins et le haut du sexe, caresses plus piquantes mais supportables, coups progressivement plus appuyés, retour prudent aux seins et au sexe … et, invariablement, à ma grande honte, je jouissais sous le fouet. Je crois que je redoutais ce traitement plus encore que les « vraies »fouettées. J’en éprouvais une honte et un dégout de moi même sans limites. Oui, décidément, je suis une salope qui jouit sous le fouet.

Mais le fouet arrêtait de me martyriser. Monsieur le plaçait à nouveau sur mon cou, le manche appuyé sur mon sein droit, la mèche glissant sur mon ventre après avoir serpenté sur mon sein gauche. Monsieur me retirait le bandeau. Je pouvais alors me voir, voir mon corps zébré par le fouet. Monsieur détendait le palan. Je me retrouvais naturellement à genoux des que Monsieur avait détaché mes poignets. Je renouais mes mains derrière ma tète et, entre deux hoquets de pleurs, je remerciais pour cette correction. Ne me restait plus qu’à baiser la main qui m’avait fouettée avant de caresser Monsieur et de l’accueillir dans ma gorge ou mes reins. Qu’il était bon, ces soirs là de m’endormir blottie contre lui.

Une promenade en foret

Ce matin la, je m’étais habillée d’une jupe de toile à motifs de fleurs dans les tons beige et rose, surmontée d’un bustier boutonné sous les seins sur une chemise de coton blanc. Le tout me donnait l’apparence d’une Amish qui aurait été dévergondée et s’assortissait bien avec le pantalon et la veste de toile de Monsieur. Un pique nique qu’il avait préparé, deux solides paires de chaussures et nous voila partis pour une promenade en foret. Vers treize heures, arrêt déjeuner, câlins qui dégénèrent, et soudain, un ordre que je connaissais bien, mais dans la chambre de Monsieur : Offres toi. Je me trousse, je coince ma robe dans sa propre ceinture, je me courbe et j’écarte mes fesses de mes mains, présentant un spectacle d’une obscénité absolue. Monsieur me prends sans ménagement, jouit de moi et, constatant les dégâts, m’agenouille et me signifie : nettoies. La manière allait de soi, j’ai regimbé. Monsieur n’a en rien semblé irrité. Il m’a simplement relevée en empoignant mes cheveux et m’a demandé de croiser mes mains derrière ma nuque après avoir ouvert ma chemise et en avoir quitté les manches. Avec mon début de bronzage, mon buste semblait naitre de la corolle blanche formée par la chemise. Et puis, le sexe libre, Monsieur est allé à un buisson qui pouvait être un jeune noisetier et qui, la nature est parfois cruelle, semblait n’attendre que nous.  Il y a choisi une baguette de belle taille, l’a effeuillée en revenant vers moi et s’est placé à mon coté, avant de me cingler les seins à toute volée. Le premier coup m’a coupé le souffle. Le deuxième m’a arraché un cri de bête blessée. Le troisième m’a rappelé le sens du mot obéissance. Quand j’ai vu Monsieur jeter sa badine, je suis de moi même tombée à ses pieds pour me consacrer à la tache abjecte qui m’était imposée.

La seule chose que j’ai gagnée à cet épisode est que, depuis, je nettoyais Monsieur chaque fois qu’il venait de m’utiliser, alors même qu’une salle de bains s’ennuyait de nous. Ma tentative de révolte avait transformé un incident fortuit en humiliation rituelle.

Marquée

Cela faisait un an que Monsieur m’avait demandé de me faire épiler définitivement. J’étais toujours dans l’attente d’une reconnaissance de mes efforts pour lui plaire et un jour j’ai découvert chez lui, sur ma table de nuit, un étrange objet métallique qui sur l’avant ressemblait à un S de dollar américain, pour une hauteur d’environ cinq centimètres, j’ai mesuré sur moi même ce matin pour en être sure, mais qui comportait en arrière une poignée garnie de bois. La nature abominable de cet objet était évidente, mais ce qu’il sous entendait ne l’était pas moins.

Au soir, j’ai attendu tremblante l’arrivée de Monsieur, nue et à genoux dans l’entrée, le fer à marquer, car ce ne pouvait être que cela, offert sur mes paumes tendues.

Et, en me trouvant agenouillée, Monsieur m’a parlé :

Carole, tu me conviens. Je vais donc te marquer. Tu as un mois pour t’enfuir. Tous les soirs, tu placeras ton fer sur ta table de nuit. Tous les matins, tu le replaceras au centre de la table de salle à manger. Ainsi, jamais tu n’oublieras ce qui t’attend. Si, dans un mois, tu acceptes d’être marquée, tu seras irrémédiablement une esclave.

Et, un mois durant, j’ai touché ce fer deux fois par jour. Le matin je le prenais pour le poser sur la table. Le soir je le ramenais sur ma table de nuit. Et un mois durant, je n’ai pensé qu’à lui. A l’horrible douleur à venir, au terrible engagement qui s’en suivrait. Mais je n’ai pas douté. J’avais atrocement peur de la douleur, mais aucune inquiétude pour l’engagement. C’était au contraire un aboutissement et j’imaginais que cette marque engagerait mon maitre autant que moi, au delà de toute question, d’âge ou autre.

Une semaine avant l’échéance, j’ai vu arriver un objet horrible : une « croix de Saint André », massive et garnie de ses anneaux de fer. Pour le coup, plus encore que face au fer à marquer, j’ai eu peur.

La veille au soir, Monsieur m’a isolée dans une chambre d’amis et je n’ai donc pas dormi avec lui mais avec cet objet de fer et le souvenir de la croix de Saint André. Un petit déjeuner et deux collations m’ont été apportés par un jeune homme que je savais, pour l’y avoir rencontré, ètre le serviteur d’une maitresse que nous avions rencontrée dans l’une de nos soirées.

Ces vingt quatre heures sans bruit, sans livre et sans conversation d’aucune sorte, avec pour seule compagnie le fer qui allait me marquer, ont été interminables.

Le même serviteur est revenu me chercher à la nuit tombée et m’a fait revêtir une longue chemise de nuit en coton, fortement transparente, mais je n’en étais plus là. J’ai pris le fer et l’ai posé sur mes mains offertes, le S sur la paume de mes mains, la poignée dressée au dessus, ce qui me paraissait le plus approprié. Nous sommes descendus par l’ascenseur (Monsieur a un ascenseur) jusqu’à la « salle des fêtes ». J’ai d’abord vu la fameuse croix de Saint André, fortement attachée sur deux tréteaux imposants, sous une lumière crue, au centre de la pièce.

Puis j’ai deviné des spectateurs restés dans la pénombre en périphérie de la salle. Puis un tas de cordes d’alpiniste (d’après Monsieur, Celles ci ne blessent pas). Enfin, non pas un réchaud à charbon, ce qui aurait donné une note d’animation médiévale, mais un bête et d’autant plus terrifiant bruleur à gaz.

Monsieur, très chic, a pris le fer pour le confier à un homme que je ne connaissais pas puis il m’a demandé, non pas de me déshabiller, mais de me mettre nue ce qui comporte une nuance.

Agenouillée en position d’offrande, les mains sur les cuisses, les paumes tournées vers le ciel, j’ai du renouveler, à haute et intelligible voix, que j’acceptais de et demandais expressément à, être marquée au fer rouge, sur le pubis, avec le fer que j’avais moi même amené.

Même dans les moments le plus graves, Monsieur réserve toujours des surprises. Depuis un mois, j’avais envisagé d’être marquée à l’épaule, comme les condamnés d’ancien temps ou à la fesse, comme O. Je ‘avais pas envisagé le pubis et alors même que la douleur, atroce j’en parle en connaissance de cause, ne doit pas être différente, j’en ai été épouvantée. Mais j’ai répété la formule sacramentelle et quatre hommes se sont détachés de l’assistance pour m’allonger sur la croix. L’on a ensuite largement lié mes avants bras, puis mes bras, mes jambes puis mes cuisses, mon ventre enfin. Aucun mouvement n’était plus envisageable. Monsieur m’a expliqué par la suite que ceci était une protection pour moi, plus encore qu’une nécessité pour la qualité du marquage.

Mon effroi a fait un bond lorsque j’ai soudain entendu le bruit caractéristique d’une lampe à gaz. Décidément, ceci n’était pas un rêve, j’allais bel et bien être marquée comme une pièce de bétail ou un cheval espagnol.

Monsieur m’a personnellement massée avec une huile, pas anesthésiante hélas, puis le bourreau (vous avez un autre nom ?) M’a présenté mon fer qui avait acquis une jolie couleur orangée, s’est placé entre mes jambes, et j’ai poussé un hurlement comme je n’en avais jamais poussé, ni n’en pousserai probablement jamais. Pendant ce temps, j’aurais pu entendre Monsieur, un chronomètre à la main, qui comptait : 1, 2, 3, 4.

Hélas, je ne me suis pas évanouie. Je n’ai pas eu droit à un sac de glace, ni même à de l’eau fraiche. J’ai pu sentir l’odeur de chair, de ma chair, grillée. L’on m’a délivrée de mes liens, à l’exception de ceux qui maintenaient mes poignets et mes chevilles et l’assistance, à la file comme pour aller communier, est venue contempler la marque qui faisait de moi, de manière visible et irréversible, l’esclave que j’avais voulu devenir, tandis que je pleurais de douleur.

Je me suis réveillée le lendemain matin, avec un pansement stérile, une douleur lancinante et Monsieur auprès de moi, qui m’expliquait doctement une foule de choses sans importance. Comment et pourquoi il avait fait venir de fort loin un expert incontesté, que la marque était parfaite, assez profonde et très nette, que la couleur orangée que l’on m’avait montrée n’était qu’un état intermédiaire, avant un refroidissement (!) à la température optimale, que je n’avais pas bougé. (Comment l’aurais je pu?). Qu’il était fier de moi. Il y a une seule chose qu’il ne m’a pas dite et que, contre toute espérance, j’espérais.

Après cela, la pose d’anneaux aux pointes de mes seins a été presque une formalité. Monsieur m’a savamment expliqué qu’il voulait pouvoir m’attacher par là, et surtout que, mon marquage pouvant devoir être dissimulé par un string sur une plage ouverte, mes anneaux, sur des seins dont l’exhibition semblait devenue une norme, éviteraient toute ambigüité.

C’est ainsi qu’un spécialiste du « Piercing » m’a posé aux seins deux anneaux d’or, significativement plus gros et lourds qu’il ne convient à des bijoux. Je porte depuis, à chaque sein, un anneau de près de deux centimètres de diamètre et de trois millimètres d’épaisseur environ. Monsieur ne se privait pas de m’attacher par la, mais aussi, lorsqu’il me prenait, de les utiliser pour tordre mes seins, ce que je qualifierai de peu agréable.

Mais ce n’est rien, à coté du perçage, sans la moindre anesthésie, d’un sein puis, alors que j’avais déjà l’expérience de la première agression, de l’autre. A tout hasard, Monsieur avait jugé plus judicieux de me bâillonner, me donnant ainsi quelque chose à mordre, ce dont j’aurais pu lui être reconnaissante et le remercier, si ma bouche n’avait été, immédiatement après, emplie du membre de l’opérateur.

Ne plus jouir

Une esclave a parfois des pensées qui dépassent, même les attentes de son maitre. Un soir que, comblée, je m’assoupissait entre les bras de Monsieur, j’ai pensé que je ne lui donnais pas tout de moi, que la jouissance que je tirais, même de ses sévices, lors qu’ils aboutissaient à un orgasme, me laissait assouvie, repue, et donc moins réceptive, moins désireuse de le servir, en un sens moins soumise. Je me suis donc résolue à aborder la question avec lui.

Un soir alors que je me blottissais contre lui, j’ai enfin osé aborder la question. Monsieur, je vous appartiens, vous m’avez même marquée et lorsque vous me prenez, j’en jouis C’est merveilleux, mais j’en sors apaisée, moins réceptive, moins chaude en quelque sorte. C’est dommage, je suis moins disponible pour vous. Monsieur a immédiatement compris. J’espère qu’il a été surpris, mais il a tout de suite compris. Tu es en train de me dire que tu souhaites renoncer à jouir ? C’est cela Monsieur, je ne souhaite pas renoncer au désir, au contraire, mais je crois qu’une perpétuelle frustration me rendrait plus confortable pour vous,

C’est très bien, je te remercie de ce cadeau, mais tu ne pourras sans cesse être fidèle à ta promesse, dans ce cas, ou penses tu que je devrai te punir ? Monsieur avait accepté ma proposition. Et il m’avait demandé, non pas s’il devrait me punir, ce qui allait de soi, mais ou ? J’ai immédiatement trouvé la réponse approprié : punissez moi au sexe Monsieur. C’est aussi ce que je pensais. Et je me suis endormie blottie contre lui. Une nouvelle habitude s’est installée. Monsieur continuait à utiliser ma bouche et mon cul, mon sexe moins encore qu’auparavant et, d’un jour sur l’autre la frustration devenait plus dévorante. En plein après midi, penchée sur un dessin, ou au milieu d’une réunion, je me voyais à genoux, en train d’arrondir mes lèvres ou d’offrir mes reins. Je devenais écarlate et mon sexe devenait humide, mais je résistais et n’étais pas punie, pour cela tout au moins.

Et puis un soir, j’ai senti que Monsieur avait une idée. Il m’a préparé notre repas comme à l’accoutumée. Il avait assez rapidement admis que, si je pouvais me montrer une esclave sexuelle satisfaisante, si je pouvais participer à l’entretien de la maison, il était préférable de renoncer à me voir cuisiner autre chose que des nouilles, à l’eau, sans beurre. Toujours est il que, pour ce qui a suivi, je me souviendrai toujours du rizotto aux asperges et au parmesan que j’ai dégusté ce soir là, comme du petit chablis que Monsieur faisait glisser dans ma gorge. Mais passons.

Il m’a ensuite, sans transition aucune, expédiée l’attendre dans sa chambre, ce qui signifiait que, entièrement nue, je devais m’agenouiller, les cuisses ouvertes, les mains croisées dans la nuque et les yeux baissés.

Il m’a suivie peu après, porteur d’un court martinet de cuir tressé, que j’ai tout de suite qualifié intérieurement de « fouet de voyage », d’un petit pot de verre, d’un pinceau de calligraphe et d’un gode. Mais ni un godemichet ni un vibro-masseur, non, un « gode », c’est à dire une ignoble représentation de phallus, en caoutchouc rose et violet, la quintessence de la vulgarité.

Il a disposé tous ces objets devant moi à la manière d’une obscène nature morte.

Monsieur m’a demandé d’ouvrir le pot qui a dégagé une forte odeur de camphre. Il m’a ensuite enjoint de prendre le pinceau et de me peindre les aréoles et les pointes des seins. L’application de cette mixture a immédiatement produit une sensation de brulure et l’érection instantanée de mes pointes, tandis que la brulure se transformait en une douce chaleur. J’attendais déjà le pire, lequel n’a pas tardé à survenir.

Maintenant, tu vas largement tremper ton pinceau, ouvrir ton sexe et l’imprégner. Pense à bien décalotter ton clitoris. J’appréhendais déjà la brulure. Mais rien ne m’avait préparée à celle ci, lorsqu’elle est survenue. Pourtant, le sexe en feu, les larmes aux yeux, j’ai refermé le pot, j’ai reposé le pinceau et j’ai repris ma position soumise, en attendant la suite. Après m’avoir regardé me tortiller involontairement durant peut être cinq minutes et alors que la brulure s’estompait pour faire place à la même sensation de chaleur et à une excitation irrépressible, Monsieur m’a commandé de caresser et pincer mes seins.

L’ordre suivant a été de saisir cette obscène et ridicule caricature de phallus et d’avoir à lui pratiquer une fellation attentionnée, spectacle qui semble avoir été beaucoup apprécié. Ensuite cela a été : petite salope, tournes la molette au bas du sexe, tu as voir, il est vivant. En effet, l’ignoble objet, comme saisi d’une vie propre, s’est mis, non seulement à trembler, mais aussi à tourner sur lui même. Empales toi et assied toi sur tes talons pour qu’il reste bien enfoncé !

Je commençais à ne plus pouvoir me retenir de gémir. Alors, Monsieur m’a dit : sors ton amant de ton sexe et remercie le. J’ai gouté à ma propre jouissance. Puis et surtout : maintenant, découvres ton clitoris, que ton amant et lui fassent connaissance.

Une jouissance foudroyante, ignoble, s’est emparée de moi, me laissant toujours à genoux mais effondrée sur moi même.

Lorsque j’ai relevé les yeux sur Monsieur, il me regardait, goguenard. Carole, que viens tu de faire ?

Je viens de jouir Monsieur. Et alors ? Je dois être punie Monsieur. Et comment ? Je dois être fouettée au sexe, Monsieur.

Tu n’as pas oublié. Apportes moi ton fouet puis allonges toi sur mon lit. En le touchant, j’ai réalisé que ce fouet était entièrement composé de lanières tressées, tout à fait souple, un vrai « fouet de voyage » en effet. Monsieur s’est déshabillé et nu lui même, s’est installé à califourchon sur mes bras, son sexe sur mon cou, mon visage enfoui entre ses fesses.

Caroles, relèves tes genoux, ouvres toi et comptes. Tu peux serrer les cuisses à condition de les rouvrir aussitôt.. Je le savais déjà, l’obligation de compter est un raffinement, Elle interdit de s’abandonner à la douleur et oblige à rester consciente. Entre deux hurlements, j’ai compté jusqu’à dix et chaque fois, comme une bonne esclave, j’ai relevé mes genoux et rouvert mes jambes.

Puis Monsieur s’est relevé, déjà à demi érigé et m’a demandé de le remercier. J’ai donc ravalé mes larmes, me suis agenouillée, j’ai baisé le dos de sa main, l’ai remercié de m’avoir punie comme je le méritais de ma désobéissance et j’ai entrepris de le satisfaire, de tout mon art et de tout mon amour, persuadée que ce drame se renouvellerait et épouvantée du « maquillage » qui laissait, encore à cet instant, mon sexe dévasté mais brulant de désir. Je n’ai pu que le lendemain me rincer à l’eau fraiche et ma nuit a été agitée.

Depuis, chaque punition débutait par le rituel du pinceau et j’attendais puis subissais le fouet, les seins et le sexe brulants.

Rencontres

De passage à Paris, nous avions nos habitudes dans une boutique du XIIIème, à mi chemin entre le supermarché du sexe sado maso et le rendez vous pour initiés. Sitôt passé le rideau qui assurait l’intimité de la porte, je pouvais déambuler entre les rayons, suivant qu’il convenait à Monsieur, en robe longue ou nue, bâillonnée et entravée. Je n’y ai jamais vu personne s’offusquer de voir un homme ou une femme essayer en vraie grandeur une cravache ou des menottes sur sa compagne ou son compagnon. Toutes les combinaisons étaient d’ailleurs envisagées sur ce point dans une absolue liberté.

C’est ainsi qu’un après midi, au détour d’une allée, nous avons rencontré ce couple. Ils pouvaient avoir la quarantaine. Lui sec mais le sourire attendri et elle qui portait sur un visage enfantin, semblait il en permanence, un perpétuel sourire étonné.

Elle allait surtout la poitrine nue et ses seins un peu lourds apparaissaient ornés de deux fins anneaux d’or. Charmé par cette apparition, Monsieur a engagé la conversation avec son propriétaire. C’est ainsi que nous avons appris que la pose des anneaux était encore récente et donc un peu douloureuse.

Monsieur m’a demandé d’ouvrir mon chemisier, afin que nous puissions comparer les deux paires d’anneaux. Si ceux qui décoraient la poitrine d’Hélène étaient plus discrets, Monsieur a fait valoir que mes anneaux gros et lourds pouvaient être utilisés pour m’attacher et joignant à la parole un geste qui m’a fait crier, a montré qu’ils étaient utiles pour tordre les pointes de seins. Ils ont débattu des avantages et des inconvénients respectifs de nos parures et Jacques, car c’était son prénom, a admis que ces anneaux fins, plus discrets et seyants, se prêtaient moins à servir d’objet de sévices et qu’il faudrait peut être y remédier. Le visage d’Hélène, à ces mots, était devenu indescriptible.

Monsieur a tenu, en plein magasin, à faire admirer mon marquage. J’ai troussé et tenu haut ma jupe. Son ami de passage, mais plus encore une Hélène bouleversée, ont longuement effleuré la cicatrice qui faisait de moi, sans équivoque possible, une esclave.

Les messieurs se sont engagés à se revoir, dès qu’Hélène aurait cicatrisé, ce qui s’est produit dès le samedi suivant.

Arrivés chez nos amis en début de soirée nous avons ensemble dégusté un repas léger accompagné de champagne mais, tous le savaient, l’essentiel était ailleurs. Je dis amis, ce n’est pas à la légère. Parmi tous les camarades de jeux de Monsieur, hommes ou femmes, je n’ai jamais rencontré que des gens prévenants, attentionnés, d’autant plus qu’ils ou elles avaient une réputation personnelle d’inflexibilité, soit, à tout le moins, parce que les nuisibles étaient impitoyablement écartés, soit, je veux le croire, parce que de telles relations imposent un engagement qui va très au delà du badinage et parce que, plus que la souffrance infligée ou subie, ou même du plaisir éprouvé, c’est de sentiments qu’il est question et que les sévices ne sont qu’un prétexte à leur expression.

Jacques, qui recevait, nous a exposé qu’il résultait de ses conversations avec Monsieur qu’à leur grand étonnement à tous deux, ni Hélène ni moi, malgré toutes nos dépravations, n’avions jamais gouté à une autre femme ou à tout le moins qu’aucune n’avait accepté de l’avouer. Tous deux estimaient qu’il était plus que temps de combler cette lacune et ils envisageaient d’y pourvoir séance tenante.

Nous nous sommes donc rendus de concert dans la chambre de nos hôtes qui était meublée d’un grand lit et, à demeure ou pour l’occasion, de deux confortables fauteuils qui lui faisaient face.

Nous aurions pu débuter par un effeuillage mutuel mais il ne restait que bien peu de choses à ôter. C’est donc nues que nous nous sommes assises sur le lit conjugal. Là, Jacques à, pour notre éducation, produit un album de photographies qui auraient pu être tirées d’une revue pornographique pour lesbiennes si les femmes avaient eu pour les images la même passion que les messieurs.

Toujours est il que nous avons été priées de commencer nôtre éducation en consultant cet aide mémoire photographique.

Nous avons vu une multitude de baisers : l’effleurement pudique, les langues qui se découvrent, les baisers passionnés, langues emmêlées et même des baisers chastes, sur les yeux ou dans le cou.

Nous avons ensuite révisé tout ce qui peut être fait à des seins ou avec eux. Les soupeser et les masser, lécher leurs aréoles, mordiller les pointes, les faire rouler sous les doigts, sans oublier de faire glisser des seins un peu lourds sur le dos et les reins d’une amante.

Nous avons également exploré la caresse des fesses, y compris quelques claques légères, puis nous avons furtivement évoqué la caresse de l’anus, du léchage à la pénétration avec un doigt ou avec la langue.

Et puis, nous sommes entrées dans le vif du sujet. Lécher les replis extérieurs d’un sexe de femme, s’aventurer à l’entrée et y mimer une pénétration miniature, lécher la jonction entre le sexe et l’anus, aspirer les petites lèvres, dégager le clitoris, le lécher, le mordiller, appuyer sur l’espace de chair juste en dessus puis juste au dessous.

L’album se terminait par un accouplement de tribades. Visiblement, l’usage d’instruments était réservé pour le cours suivant.

Jacques était entre temps allé rechercher un fond de champagne et ces messieurs, confortablement installés dans les fauteuils, nous ont invitées à passer aux travaux pratiques.

Et j’ai découvert l’amour d’une femme. Nous nous sommes goutées, seins contre seins, le visage perdu dans le cou de l’autre J’ai embrassé sa bouche comme elle m’embrassait. Nous avons, à notre tour, exploré et agacé nos poitrines. J’ai découvert que le creux entre les seins d’une autre femme peut refermer des trésors de fragrances, sans avoir à avoir à aller chercher plus bas. Nous nous sommes mordillées, j’ai soupesé des seins plus lourds que les miens, senti leurs aréoles devenir grenues et leurs pointes se tendre. J’ai, dès cet instant, vu le regard d’Hélène se perdre comme devait se perdre le mien. Et puis, enveloppée de l’odeur du plaisir, je suis allée découvrir le cœur de mon amie. J’ai d’abord découvert une chose que je n’avais jamais imaginée. Chaque femme a, dans le plaisir, un parfum qui lui appartient. Hélène, d’un blond roux, dégageait une senteur un peu fauve, légèrement acidulée, proprement bouleversante. J’ai appliqué de mon mieux ma récente instruction livresque. Je l’ai léchée, je l’ai mordillée, je l’ai aspirée, prenant comme autant de petites victoires les gémissements que je tirais d’elle.

Et puis Hélène, qui déjà passait ses mains dans mes cheveux, s’est mise à y fourrager frénétiquement et a commencé à crier en me serrant contre elle.

La suite s’est faite tout simplement. Hélène m’a tirée vers le haut du lit, en m’empoignant sous les aisselles et s’est glissée à mes pieds, entre mes jambes que je lui ouvrais. C’a été mon tour de me sentir léchée, aspirée, mordillée, mais quand, négligeant tout le reste, Hélène a posé sa bouche sur mon clitoris pour ne plus s’occuper que de lui, c’a a été mon tour de crier, de me débattre, de m’arquer. Aux débuts de notre rencontre, Monsieur s’était essayé à ces caresses, et j’en gardais, frustrée depuis, un souvenir ému. Mais ce que je venais de vivre échappait à toute mesure.

Apaisée, je caressais les cheveux de mon amante, lorsqu’ai soudain entendu une voix trop connue qui, débordante de jubilation et d’ironie, me disait : Dis donc Carole, Je crois que tu viens de jouir. Ne te souviens tu pas de tes promesses ?

J’étais atterrée mais il a fallu que j’explique, en détails, à une Hélène au bord des larmes et à un Jacques blême, la nature de mes engagements, leur pourquoi, les conséquences prévues en cas de manquement, pour conclure qu’en effet, je méritais, sans doute possible et sans délai, d’être punie. Le retour dans le monde des messieurs était brutal.

Monsieur a convenu de la nécessité d’une punition appropriée et nos hôtes ont eu l’élégance de ne pas s’opposer à une coutume visiblement si bien ancrée et, ainsi expliquée, si légitime et nécessaire.

Il eut cependant été indécent de procéder comme à l’accoutumée. Aussi il a été convenu que je resterais allongée, les bras en arrière et que Monsieur resterait habillé mais s’agenouillerait à coté de moi tandis que Jacques s’emparerait de mes poignets pour les immobiliser.

Hélène s’était vue prescrire de s’agenouiller en position d’offrande face au compas de mes cuisses, mais les yeux levés, pour n’en rien perdre.

Puis Monsieur a sorti d’une poche, comme par sorcellerie, son fouet de voyage, m’a demandé de relever et d’ouvrir mes cuisses et j’ai compté, cette fois jusqu’à quinze, entre deux sanglots.

Au moment ou je comprenais que mon martyre s’achevait, j’entendis, tous entendirent, la voix blanche d’Hélène qui disait : nous avons joui ensemble, il serait injuste que Carole soit la seule punie. Jacques, veux tu bien me fouetter comme elle l’a été?

Les messieurs, réunis, ont eu beau lui expliquer que j’étais liée par des vœux qui ne l’engageaient pas, elle n’en a pas démordu et je les soupçonne d’en avoir jubilé, pour autant qu’ils ne l’aient pas envisagé dès l’abord.

Chacun a donc changé de place comme dans un jeu de chaises musicales et cela a été mon tour de contempler le sexe fragile d’Hélène, ouvert pour son supplice. C’a été son tour de hurler, de supplier, de pleurer, mais j’ai découvert que ce spectacle nouveau, ce spectacle que je donnais moi même épisodiquement, m’avait bouleversée. J’effleurais la compréhension du plaisir qu’éprouvait Monsieur à m’entendre crier et à me voir me tordre sous le fouet.

Ces rencontres qui se sont répétée épisodiquement m’apportaient peu, mais me permettaient de mieux ressentir, au travers des souffrances et des émotions de mes consœurs comme de l’émotion que je tirais moi même de leurs souffrances, ce qu’il y avait de jubilatoire, pour Monsieur, à me posséder, comme je mesurais la liberté morale et l’impression de sécurité affective qu’il m’apportait en me possédant.

Vie Quotidienne

Notre vie quotidienne était des plus banales, réduite qu’elle était par deux vies professionnelles bien remplies. Si j’ai été une esclave sexuelle dévouée, je n’ai jamais servi de bonne à tout faire, car les gouts et les habitudes de Monsieur s’y prêtaient assez mal.

Monsieur, lui si méticuleux lorsqu’il s’agissait de me soumettre à ses volontés, manifestait un absolu mépris pour la chose domestique. Il ressemblait en cela à Sherlock Holmes, ce héros de Conan Doyle qu’il m’avait fait découvrir, si incisif et rigoureux dans ses enquêtes et si désintéressé des contraintes du quotidien, au point de faire le désespoir de sa logeuse et de son colocataire. Du coup, les soins de la maison se réduisaient à l’intervention épisodique d’une femme de ménage qui a eu la délicatesse de ne jamais s’étonner de voir une verge sécher sur mon bureau ou un fouet, pour lui bien vivant, accroché à la chaise de Monsieur

Monsieur m’avait, dès le début de notre liaison, prévenue de ce qu’il ne recherchait pas en moi une domestique mais uniquement une esclave sexuelle. Il disait ne pas mettre en doute mes talents sur ce dernier point et s’en contenter largement. Pour le reste, nous partagions assez équitablement les taches du quotidien, à l’exception de la cuisine. Quelques tentatives avaient en effet convaincu Monsieur de m’interdire ou peu s’en fallait l’accès à ce lieu sacré, si ce n’était pour des taches subalternes ou pour lui préparer, occasionnellement, le café au lit qui remplacerait la fellation matinale. Mais si j’avais le malheur de rester assoupie, c’était lui qui m’apportait mon petit déjeuner, attention que j’accueillais avec un bonheur teinté d’humiliation, comme si j’avais manqué à mes devoirs.

Et pour ce qui était de la cuisine ! Le rizotto aux cèpes ou à autre chose, le Bœuf Stroganov dont il se faisait gloire d’avoir amélioré la recette en faisant rissoler la viande pour l’incorporer à peine cuite juste avant de servir, que sais je encore ? Bien sur, il nous arrivait aussi de manger un steak haché ou des pâtes « a la carbonara » mais bon…

Rétrospectivement, je reste émerveillée de l’avoir vu, lui si indifférent au rangement en bon ordre des choses matérielles, si rétif à la moindre habitude, se montrer vis à vis de moi aussi attentionné, aussi strict et aussi inexorable. J’ai soupçonné là un effort de tous les instants qui devait lui demander des trésors d’énergie.

SIMON

Nous sommes allés je ne sais combien de fois à Florence, Nous avons y avons mangé des crostini neri et de la tagliata di manza, moi qui croyais que le fin du fin de la cuisine italienne était la pizza surgelée. Nous avons bu du Chianti, ce vin noir et profond, à mille lieues de ce que les français boivent dans de grotesques bouteilles paillées. Nous avons aussi écumé les orfèvres du Ponte Vecchio pour y voir ou y acheter des camées. J’ai même eu droit, architecture oblige, à un cours sur l’histoire de cette cathédrale restée ouverte à tous vents jusqu’à ce qu’un architecte de la pré renaissance lui invente une coupole construite sans échafaudage. J’ai évité de dire à Monsieur que je savais tout cela depuis mon cours d’histoire de l’architecture. Pourquoi faire de la peine ? Et le soir, j’offrais ma bouche et mes reins à Monsieur et le vendredi soir, les seins et le sexe en feu, j’étais fouettée.

Nous avons (j’ai) découvert Londres, ou, à deux pas de la National Galery et de la frise du Parthénon, une boutique tout a fait élégante met en vitrine et vend des canes. Pas des cannes pour marcher, non, de ces baguettes en rotin courbées à une extrémité qui font le malheur des jeunes femmes. Et le soir, j’offrais ma bouche et mes reins à Monsieur et le vendredi soir, les seins et le sexe en feu, j’étais fouettée.

Nous avons vu, à Dalhem, le musée de Berlin ouest, une copie de la Vénus de Sandro Botticelli par l’entremise de laquelle j’ai eu le plaisir (!) de faire la connaissance d’une très ancienne conquête de Monsieur, lequel prétendait qu’elle lui ressemblait fort. Et le soir, j’offrais ma bouche et mes reins à Monsieur et le vendredi soir, les seins et le sexe en feu, j’étais fouettée.

Nous avons sillonné la Russie, de Moscou aux villes du cercle d’or et aux musées de Saint Petersbourg, pour y manger des pelmeni ou découvrir des villes ou l’on peut voir dans le métro quelques hommes assis, mais jamais une femme debout. Et le soir, j’offrais ma bouche et mes reins à Monsieur et le vendredi soir, les seins et le sexe en feu, j’étais fouettée.

Ou arrêter cet inventaire stérile ? Pourquoi évoquer le Val de Loire ou le fort de Salses, Vienne ou Venise, Ravenne ou Vicenza, les Chablis ou les Gevrey Chambertin? Que dire des boules de geisha ou de leur variante vibrante, à porter au bureau, que dire des soirées ou des rencontres ? Les gens heureux n’ont pas d’histoire. Jusqu’a ce soir, ce soir ou Monsieur m’a Présenté Simon.

Monsieur m’avait annoncé que nous sortions ce soir là et m’avait demandé de soigner ma tenue, ce qui n’avait pas manqué de me surprendre, tant une tenue soignée allait de soi lorsque j’étais près de lui .

A vingt heures, nous entrions, pour le coup dans un grand restaurant et Monsieur, après m’avoir à son habitude approché ma chaise, commandait une bouteille de champagne dont il se faisait servir deux coupes, une pour chacun.

A vingt heures quinze, ni quatorze ni seize mais quinze, entrait un jeune homme un peu plus grand que Monsieur, au visage dur, dont le costume sombre dissimulait mal une musculature d’athlète.

Monsieur s’est levé pour l’accueillir et le conduire à notre table. Si j’avais pu avoir le moindre doute, celui ci a été immédiatement révoqué lorsque l’arrivant m’a donné à baiser le dessus de sa main, en la tenant juste assez bas pour que je doive nettement me courber. Quand je me suis relevée, j’ai découvert un sourire charmeur et que l’arrivant s’emparait du dossier de mon siège. Il ne me restait plus qu’à me rassoir en essayant d’imaginer quelle soirée de dépravations Monsieur avait bien pu imaginer.

Ils ont conversé au long du repas, parlant beaucoup de moi et un peu de leurs affaires, communes ou pas, assez pour que je devine qu’ils sévissaient dans le même monde de l’immobilier et que Simon, c’est ainsi que l’appelait Monsieur, jouissait d’une certaine aisance. Le repas touchait à sa fin. J’avais surpris, dans le courant d’une conversation ou je n’étais en rien invitée que Monsieur proposait à son invité de m’accompagner aux toilettes pour m’examiner ou m’essayer à sa convenance et que celui ci répondait qu’il n’en voyait pas la nécessité car ce qu’il voyait de moi restait de très loin au delà de ce que Monsieur lui en avait dit. De cela j’ai déduit que notre entrevue avait été préparée de longue date.

Le repas tirait sur sa fin. Un léger dessert dégusté, Monsieur a commandé une nouvelle bouteille de champagne. La Première avait été à peine entamée mais il parait qu’ouverte depuis deux heures, elle était « passée ». Je me préparais pour des choses plus « sérieuses » quand Monsieur a pris la parole pour tenir un discours qui m’a consternée :

Carole, tu me combles depuis plus de douze ans. Je vais sur mes soixante dix ans, je ne pourrais plus longtemps te convenir. Voyons, de quoi aurions nous l’air, vraiment, de quoi aurais tu l’air ? J’ai donc décidé de te donner à Simon. Il est inutile de te préciser que tu n’as pas ton mot à dire. Il est pour ce que j’en sais un maitre sévère mais attentionné. Simon, Carole semble te satisfaire. Elle est à toi. Tu connais mes habitudes avec elle. Libre à toi de t’y conformer ou de lui en imposer d’autres, moins ou plus strictes que celles ci. Son marquage te sied et plus encore qu’à moi même. Tu peux la fouetter à ta guise, la prêter à qui te semblera opportun, l’utiliser de toutes manières. Une seule chose : ma famille a une désespérante tradition de longévité et si, de mon vivant, j’apprenais que tu la rendes malheureuse, je te tuerai.

Je vous souhaite une bonne fin de soirée et longue vie.

Carole, je dois te dire une dernière chose avant de vous laisser, une chose que je ne t’ai jamais dite et que je puis te dire aujourd’hui : je t’aime.

Sur ce, il s’est levé, il est parti, je vis heureuse aux cotés de Simon et je n’ai jamais revu Monsieur.

Cher lecteur (et surtout chère lectrice…), j’espère que vous avez pris à lire cette pochade autant de plaisir que j’en ai trouvé à l’écrire. Croyez que je serai toujours heureux d’en converser avec vous, même s’il faut s’attendre de ma part à des réactions parfois vives, s’agissant d’un texte ou j’ai placé plus qu’un travail d’écriture. Comme Pauline REAGE le fait dire à l’un de ses héros : « Il y a toujours, dans ce qui nous tient vraiment à cœur, une part d’enfantillage ».

Hyères, le 27 avril 2017

Histoire de Cartoon

Une réflexion au sujet de « Carole et Monsieur »

  1. Permettez moi de vous préciser la relation de Carole et de Monsieur. Je les connais assez bien.
    Monsieur n’a pas abandonné Carole. Il s’est détaché d’elle, à grande souffrance, parce que voyant approcher sa vieillesse, il a cru, peut être à tord, que c’état le dernier cadeau qu’il pouvait lui faire.

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